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 ROMAN D'ALEXANDRE

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MessageSujet: Re: ROMAN D'ALEXANDRE   Ven 8 Juil - 11:38


Mosaïque de paon, Istambul

DELIBERATIONS DES AMAZONES

La reine sur son lit tendu de soie et d'or
Médite les conseils de la devineresse;
Voici qu'au grand galop sa guetteuse s'empresse
De lui rapporter les nouvelles du dehors.
''Que Jupiter le grand, qui voit loin et haut siège,
Garde notre souveraine, dit cette enfant,
Que Mars le dieu guerrier sonne en ses olifants,
Que Phoebus pharmacien lui aussi la protège.
Junon aux yeux de paon lui apporte l'argent
Vénus surtout lui donne un amant digne d'elle...
Ah, je ne puis cacher plus longtemps la nouvelle;
Diane appelle au secours l'Olympe: c'est urgent!
De Babylone, il est venu, suivant la lune,
Ce roi qu'on a nommé Alexandre le Grand;
Le monde est dans sa main, son succès est flagrant,
Au sommet de sa roue l'a élevé Fortune.
Notre île maintenant aiguise son désir,
Il forme le projet, ô Reine, c'est infâme,
De réunir ensemble et le mâle et la femme
Et vous voudrait servante de son bon plaisir."
Penthésilée ne peut tolérer ces paroles,
Elle porte les mains à son front qui rougit
Et dit: ''Raconte-moi comment tu l'as appris."
Avec fureur, elle arrache sa blanche étole.
"C'est en vaticinant ce matin sur le port
Que j'ai vu accoster les bateaux de l'exode;
Nos murs leur paraissaient un refuge commode.
Les matelots tremblaient en faisant ce rapport:
''Une armée importante approche de la côte,
Confiaient-ils et nous abandonnons nos maisons.
On dit qu'un roi cruel qui nous hait sans raison
Veut nous exterminer avant la mariée haute."
La reine reconnait son songe en ce récit;
Elle fait réunir le conseil de ses dames:
''Il faut le soudoyer en trésors et en femmes"
Tranche la vénérable en un avis concis.
''Soit, dit Penthésilée, envoyons-lui des vierges:
Mes filles faites-vous belles pour le vainqueur,
Sacrifiez à notre survie votre pudeur;
Nous, pour votre succès, nous brûlerons des cierges."
Flore et Beauté s'en vont revêtir leurs atours,
Tuniques ocellées de splendide facture;
Leur peau alabastrine en remplit l'échancrure:
Elle n'est pas flétrie par les jeux de l'amour.
L'une est vêtue de blanc et l'autre, couleur mûre,
Porte un sombre manteau décoré de paonneaux;
Leurs robes à un sein fixées par un anneau
Compriment l'autre sein et c'est leur seule armure.
Plus expérimentées que bien des cavaliers,
Sans s'aider d'étriers elles montent en selle:
Les rênes et les freins des juments de ces belles
Sont ornés de diamants comme leur baudrier.
Neuf chevaux sont chargés de clinquantes richesses,
Pailes et soies pliées, or rouge, argent pesant,
Des hanaps de saphir sont joints à ces présents:
Salomon les avait offerts à sa maîtresse,
Qui voudrait les briser mourrait d'épuisement.
La reine à leur départ confie aux chasseresses
Son anneau de commandement, et la promesse
De verser un tribut si le roi est clément.
Il aura, chaque année, tout autant en espèces,
Quatre chameaux chargés d'argent s'il y consent.
La reine a surveillé le précieux chargement,
Elle a vu ses enfants partir avec tristesse...


Fresque de Naïade, Herculanum
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MessageSujet: Re: ROMAN D'ALEXANDRE   Ven 8 Juil - 11:41

CHANSON DES MESSAGERES

Le fleuve amazonien est grand comme une mer;
Flore et Beauté s'en vont pour leur premier voyage.
Elles font des chansons pour s'armer de courage
Quand le ciel orageux vire au bleu outremer.
"Il était autrefois un beau garçon si fier
Qu'il repoussait l'amour des jeunes filles sages.
Tant de vaine beauté, ma sœur lui coûta cher",
Chantent Flore et Beauté en leur premier voyage.
''Se mirant en un lac, il se vit à l'envers:
Il sombra, désireux d'étreindre son image,
Narcisse, en fleur des champs changé par Jupiter,
Nous chantons ta louange en quittant le rivage
Du fleuve amazonien, plus large qu'une mer."



Mosaïque du triomphe de Psychée, Ankara

Sur la plage, Aristé avec Clin se promène.
Ils entendent les voix cadencées sur les flots.
"Ah, Dieu, s'exclament-ils, où êtes-vous, sirènes,
Ou bien ces sons sont-ils les pleurs salés d'Echo?
O Nymphe que l'amour dessécha, dans ta peine
Il est vain d'appeler Narcisse sur les eaux:
Va-t-en voir éclaireur, en tirant sur tes rênes
Qui fait sonner ces voix cadencées sur les flots."
L'éclaireur voit venir dans la forêt prochaine,
Deux filles à cheval, deux beautés sans défaut.
''Il faut aller chercher ces pucelles amènes,
C'est pour nous qu'elles ont délaissé leur îlot"
Dit Clin à Aristé tandis qu'ils se promènent.
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MessageSujet: Re: ROMAN D'ALEXANDRE   Ven 8 Juil - 11:48

NOCES

A travers le feuillage argent des oliviers
Sire Clin, Aristé avec leurs cavaliers
Voient arriver de loin les jeunes Amazones.
Leur palefroi va l'amble et elles, en garçons
Chevauchent noblement mais à califourchon;
Leurs cheveux d'or tombent plus bas que les arçons.
Clin dit: "D'un grand salut, dames, faites l'aumône".
Il a parlé bien fort, mais il ajoute, bas,
Pour Aristé "C'est volontiers que l'on s'ébat
Avec deux beaux soldats de si jolie tournure."
Du destrier de Flore, il prend sans hésiter
La bride. Aristé en fait autant pour Beauté:
Les voilà tous les quatre, avec félicité,
Qui s'en vont en causant d'amour et d'aventure.
''Belles, vous êtes comme nous de sang royal:
Accordez-nous devant Dieu votre amour loyal".
Flore dit "J'y consens" et Beauté fait de même.


Raphaël Triomphe de Galathée, fresque de la Villa Farnese, Rome

Puis, c'est émerveillés, qu'ils échangent leurs noms
Quatre chastes baisers pour sceller leur union
Devant Dieu, Jupiter, Vénus ou bien Junon:
Toutes les religions se valent quand on s'aime.

Leur arrivée au camp fait grande sensation;
Princes et roturiers crient leur admiration.
Alexandre à ce bruit sort vite de sa tente.
Les messagères lui font un salut profond.
Flore dit: "O grand roi pour qui les dieux sont bons,
Notre reine pour toi nous a confié ces dons
Et promet de verser chaque année la patente."
Beauté poursuit: ''J'ai, moi, le plus beau des cadeaux:
Penthésilée a dit: "Confie-lui mon anneau,
Je ne veux pas tenir d'un autre mon royaume,
Et s'il partait en guerre, outre que l'on paiera,
Dis-lui que l'Amazone à son aide enverra
Autant de femmes en armes qu'il en voudra;
Notre ardeur à la guerre est notre seul diplôme."
Alexandre répond: ''Rien de cela n'est dû,
Et je voyais déjà ce royaume perdu
Au moment où l'on me donne voix au chapitre.
Reprenez ces trésors et ces ors redondants
Car nos coffres sont pleins et presque débordant;
De richesses je n'ai plus le désir ardent.
Le tribut m'est égal, je ne veux que le titre."
''Seigneur, fait Sire Clin, avec peu d'à-propos,
De la reine exigez un plus durable impôt,
J'aime Flore, et Beauté pour mon compagnon brûle.
Donnez-nous s'il vous plaît votre consentement."
Les dames à leur tout réclament leurs amants.
L'aumônier des armées les marie promptement.
Pareille union risquait de faire des émules.
La reine l'apprenant, se décide à venir;
Ses suivantes, de joie, ne se peuvent tenir:
A rester au pays, les guerrières renâclent.
Protégées du soleil sous leur chapeau de vair
Elles ont revêtu leurs manteaux or et pers
Pour aller visiter Alexandre et ses pairs;
Elles se sont parées pour s'offrir en spectacle.
Même Penthésilée a fait briller l'acier
De l'épée qu'elle ceint sur ses flancs émaciés:
Depuis Hélène on n'a pas vu plus belle femme.
La troupe a embarqué à l'ombre des sapins,
Le fleuve est traversé en moins d'un tournemain.
Les Amazones dès le lendemain matin
Aux portes du camp grec portent leurs oriflammes.

Penthésilée dit: "Roi, je rentre mon courroux,
Je devrai t'en vouloir d'avoir ravi mes filles
"C'est l'amour, dit le roi, et non moi qui vous pille.
Lui seul vous a vaincues, Dieu l'a voulu pour nous.
Je vous rends vos trésors et toute votre terre;
De Clin et d'Aristé j'achète le bonheur,
Mais s'ils ont des enfants ils se feront honneur
Que leurs filles chez vous s'entraînent à la guerre."
La reine, rassurée qu'on respecte sa loi,
Du souverain du monde observe enfin les charmes:


Rencontre d’Hercule et de Télèphe en Arcadie, fresque pompéienne

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MessageSujet: Re: ROMAN D'ALEXANDRE   Ven 8 Juil - 11:54

''Au soc de la charrue, nous préférons les armes,
Dit-elle, et ce marché semble de bon aloi.
Oh j'eusse préféré, en fait de descendantes
Qu'elles fussent enceintes des œuvres d'un roi.
Les dieux auraient pu nous jouer tour plus adroit".
"Madame, voulez-vous pénétrer sous ma tente?"


Pierre Mignard Alexandre et la reine des Amazones, Musée Calvet Avignon

La reine voit son rêve à ces mots; c'est un choc:
''Je gouverne un Etat, hélas, le temps me presse,
Une reine se doit d'ignorer ses faiblesses:
Mon cœur est de granit, il se fendrait d'un bloc.
Mes filles sont à toi, tu peux les prendre toutes."
''Celui qui vous eût pu tenir en son pouvoir
Se moque des copies et connait ses devoirs;
Pour célébrer la noce, organisons des joutes."

Les Amazones donnent leur grand carrousel;
On devine leur corps sous leurs légères robes.
Elles s'offrent dans leurs voltes puis se dérobent,
Brandissant leurs épées effilées vers le ciel.
La jument de la reine était issue, dit-on,
D'un croisement conçu par les soins de Neptune:
Dans la mer Rouge, on trouve, espèce peu commune,
Un hippocampe ailé plus vif que tout poisson.
La reine en s'en allant dit: "Tiens, prends ma monture
Et ce couple de paons dans leur casier doré:
Près de toi ces oiseaux sacrés vont prospérer;
Leur plumage te rappellera nos armures."


Détail de la fresque de l’Opplonthis d’Herculanum
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MessageSujet: Re: ROMAN D'ALEXANDRE   Ven 8 Juil - 11:59

COMPLOT

Une lettre attend Alexandre à son retour;
C'est sa mère, Olympias, qui lui écrit de Grèce.
Alexandre lit son épître avec tristesse:
Je traduis la lettre en français -et je fais court..

''Ici vos administrateurs désobéissent:
Antipater qui règne à Sidon veut trahir
Et Divinuspater, son compère de Tyr,
Consacre à comploter tout son temps de service".
Alexandre aux fautifs fait cet ultimatum:
''Chacun sera payé selon ce qu'il mérite:
Dès réception, rejoignez-moi et faites vite.
Avant fin mai" soulignait-il en post-scriptum.
Comment y échapper? Antipater, à Tyr,
A un clerc bien lettré fait déchiffrer ces lignes;
Après quoi ils ont fait pendre le porte-guigne.
En rageant ils ont dû consentir à partir.

''Oui, ce roi nous prend pour de fieffés imbéciles"
Disent en chevauchant ces malfaisants régents;
''Il nous traite en parias, ce gueux, cet inutile.
Lui résister sept ans nous eût été facile
Si nous ne l'avions pas abreuvé en argent
Tandis qu'il nous prenait les meilleurs de nos gens.
Marche donc, compagnon, va-t-en vite, éperonne,
Nous avons rendez-vous, tous deux, à Babylone.

Nos rentes chaque année vont se désagrégeant:
Il fallait rester dans nos tours face à face, îles
De prospérité, sans donner nos jeunes gens;
Sur la liste des morts sans doute, en émargeant
Evoquent-ils tous leur sacrifice inutile
Et nous traitent aussi de pauvres imbéciles.
Je te suis, compagnon, allons vite, aiguillonne,
Alexandre le grand attend à Babylone.

Pour nous venger, usons d'un procédé facile
Qui ne nous coûtera que quelques sols d'argent:
Qui se plaint sans agir passe pour imbécile.
Tout pouvoir pour Fortune est un jouet futile,
Ceux qu'elle a hissé haut et voulu ses agents
Tombent plus bas que terre en se désagrégeant.
Ralentis, compagnon, l'idée me semble bonne,
Ne nous hâtons pas trop de gagner Babylone.

Nous savons des poisons pareils au vif-argent
Qui, contre les tyrans, se révèlent utiles.
Après sa mort nous serons mieux que ses régents.
Nul ne pourra nous soupçonner parmi ses gens.
Le venin tuera en dix jours cet imbécile:
Ce retard dans l'effet rend la fuite facile.
Empoisonnons, ami, empoisonnons-le vite,
Puisque Alexandre à Babylone nous invite.

Le venin du serpent à tous les coups mutile;
Alexandre envers nous fut trop intransigeant.
Il se verra mourir; mourir n'est pas facile;
Il en accusera le destin imbécile.
Ah, vive le serpent, qui, sa vie abrégeant
Nous rendra liberté, puissance, honneur, argent.
Empoisonnons-le donc, empoisonnons-le vite
Puisque Alexandre à Babylone nous invite.

Nous duperons ses chevaliers et ses sergents:
Pour conspirer en paix, faisons les imbéciles.
Offrons à Alexandre un calice d'argent
Disent en chevauchant les deux princes régents.
Nous arriverons avant quatre jours, facile!
Pour assister au couronnement inutile.
Empoisonnons-le bien, empoisonnons-le vite,
Puis fuyons Babylone et attendons la suite."

Imbéciles heureux les deux princes régents,
D'inutiles serments s'assurent. Trop facile!
Car l'argent déliera la langue de leurs gens.


Nicolai Abildgaard 2 jeunes hommes révêlent leur complot à Alexandre, vers 1800, Danemark

PRESAGE

Alexandre bientôt recevrait sa couronne;
Le printemps en gésine échappait à l'hiver.
Dieu se manifestait par un signe pervers:
Mai avait apporté un monstre à Babylone.
Alexandre avait convoqué la pauvre mère;
La chose dans ses bras l'avait frappé d'horreur.
La description vous fera trembler, je l'espère:
Jamais on n'avait vu aussi laid, sur l'honneur.
Cette chose était morte jusqu'à la poitrine,
Tout le haut de son corps semblait mou, flasque et gris,
Mais tout autour du ventre, coincées dans l'échine,
Des têtes surgissaient de ce buste amaigri,
Des faces d'animaux subsistant de rapine
Qui s'entredéchiraient comme parfois les loups.
Les devins restaient cois devant cette vermine;
En ville, ce prodige excitait les jaloux.
Il se trouva pourtant un sage à tête blanche
Qui prît sur lui de dire au roi la vérité.
Tous savaient mais aucun des mages, en revanche,
Ne voulait se risquer à trop interpréter.
''Roi, je suis vieux, je peux encourir ta colère"
Commença le devin, je n'ai rien à cacher,
Tu as lutté longtemps contre la terre entière:
Contre Dieu, il est vain, seigneur, de se fâcher.
La chose que tu vois et qui se décompose,
C'est ton corps qui se meurt, car tes jours sont comptés.
Quant aux têtes qui se déchirent, je suppose
Que ce sont les pairs qui siègent à tes côtes.
Dès que tu seras froid commencera la guerre;
L'avarice et l'envie sont des moteurs puissants.
Tes amis dans le sang partageront tes terres.
Mais, ce qui nous survit est-il intéressant?"

Alexandre renvoie cette cour des miracles,
Monstre et sorcier aigri, sans souffler ni ciller;
Il ne veut pas donner son angoisse en spectacle:
Comment vaincre la peur quand on a tant brillé?
A l'ombre d'une treille, un moment il repose,
Mais son manteau de pourpre est trempé de sueur.
Tantôt il se violace et tantôt il compose

Avec le froid glacial qui lui étreint le cœur.
Tandis qu'il se promène en son jardin de pierres,
Il apprend l'arrivée de ses deux grands vassaux,
Antipater, régent de Sidon la guerrière,
Et Divinuspater, ce patelin pourceau.
Sous l'olivier le roi longuement les embrasse;
Il leur offre un anneau pour preuve d'amitié.
Ils versent le tribut qu'ils ont levé en Thrace
Mais leur cœur d'usurier ignore la pitié.
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MessageSujet: Re: ROMAN D'ALEXANDRE   Ven 8 Juil - 17:49


Bernardo Rosselli, le triomphe d’Alexandre le Grand, 1485, Los Angeles County Museum (détail)

COURONNEMENT D'ALEXANDRE

Dans la cour du palais, sous les frontons de marbre,
Le roi a convoqué ses barons et ses pairs:
Vingt mois se sont passés depuis que les grands arbres
Ont rendu leur arrêt, en latin et en vers.
Les soldats dans les rues, avec la foule en liesse
Ont jeté des tapis et des fleurs de printemps.
Aux carrefours, des troubadours chantent leurs laisses:
S'il faut mourir, au moins ce sera par beau temps.
Alexandre a conduit son épouse persane,
La fille de Darius à travers la cité
Et les Babyloniens ont applaudi Roxane,
Parangon de vertu, modèle de beauté.
De grands voiles de soie décorés de rosaces
Protègent les époux de l'ardeur du soleil.
Celui qui a voulu voir sa lumière en face,
Pour son couronnement, luit de feux sans pareils.
La couronne impériale, émaillée à la base,
Regroupe en son milieu tous les bijoux conquis,
Emeraude, saphir, rubis, diamants, topazes:
Dieu avait-il jugé ces trésors mal acquis?

Le cortège formé à la sortie du temple,
Conduit par Tholomé et Clin, porte-drapeaux,
Tel un dragon doré déroule sa queue ample
Entre les orangers et les lauriers en pot.
On se pousse, on se presse, dans tout Babylone,
Chacun veut pouvoir dire un jour à ses enfants:
''J'y étais, et j'ai vu Alexandre en personne,
Suivi de ses chevaux et de ses éléphants.
Sur sa vaste poitrine et sa large carrure,
Sa tunique serrée semblait un justaucorps.
Sur ses hanches étroites flottait la soie pure
De ses chausses brodées de motifs d'oiseaux d'or.
Devant tant d'élégance racée et de grâce,
Qui ne se fût ému d'avoir un tel seigneur?
Ses trente-trois printemps rayonnaient sur sa face,
Le soleil avait son éclat; point sa blondeur.
C'est ainsi qu'on mena Alexandre à son trône,
Et lorsqu'il fut assis, Eménidus posa
Sa lance au taillant courbe ornée de rubans jaunes...
Ah, croyez-moi, mes fils, longtemps on en causa!"

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MessageSujet: Re: ROMAN D'ALEXANDRE   Ven 8 Juil - 17:55

DERNIER REPAS

Dans la salle, le roi couronné cherche l'ombre:
Il fait si chaud que tous ont quitté leur manteau.
Alexandre s'est départi de son air sombre;
Il fait ouvrir son coffre et distribue, tantôt
Les soieries d'outremer, l'or moulu qu'il émiette,
Les vaisselles d'argent, trésor des Egyptiens.
A ses comtes, ses ducs, il dit: "Prenez ces biens;
Qui sue pour son seigneur mérite la serviette".


Fred Audin La cène (détail) Coll.part. Paris

Le moment est venu que l'on dresse la table,
Dans la salle pavée où tremblent les puissants.
On se relèvera dans le deuil, c'est probable.
"Mais pour l'instant mangeons" dit le roi frissonnant.
"Fidèles serviteurs, veuillez couper vos manches,
Que l'on voie bien vos mains, vos coudes, vos poignets;
Maître-queux, sommeliers, sénéchaux et valets,
Et toi aussi, boucher, qui découpes et tranches."
C'est le sort de tout le personnel du palais.
Les douze pairs assis près du roi se regardent;
On parle et on rit peu, et l'on mange encor moins.
Sous l'oeil inquisiteur des soldats de la garde,
Chacun pour l'avenir se cherche des témoins.
Divinuspater siège à la table impériale;
Son compagnon, Antipater, passe les plats.
Leurs bras, certes, sont nus, mais ils ont les mains sales.
Leur stratagème ne peut pas tomber à plat:
Le premier a caché sous l'ongle de son pouce
La capsule enfermant la goutte de poison.


Fred Audin La cène (Judas)

Alexandre a tendu sa coupe à l'échanson;
L'autre y trempe le doigt, et voit le vin qui mousse
Un court instant, mais Alexandra s'en saisit.
Il boit, le cœur lui manque, aussitôt il repousse
Le verre qui se brise, il crache, il bave, il tousse,
Ses entrailles le brûlent; l'odeur de moisi
Lui assèche la gorge, il s'écrie: "Une plume!
Il faut que je vomisse." Antipater, prudent,
En avait une prête, et vite, il la lui tend.
Les barbes sont enduites de pure amertume,
Mais trop tard! Alexandre a déjà enfourné
Dans sa gorge irritée l'objet empoisonné.
Son teint se brouille, il est devenu couleur cendre,
Sa poitrine enfle, il tombe. "Hélas, crie Alexandre,
Les arbres l'avaient dit et Dieu l'a ordonné;
Je dois mourir le jour où je suis couronné."


Charles Le Brun étude pour La mort d’Alexandre (non réalisé)

Les douleurs d'agonie ne se font pas attendre.
Dans sa chambre voutée s'est couché Alexandre.
Au milieu de la confusion, incognito,
Les deux régents félons ont filé, et presto.
Les Grecs ont repoussé les tables et se lèvent.
Alexandre hurle: il veut que Tholomé l'achève.
Les cris de ses soldats lui brisent le tympan.
Le long du corridor il court en titubant.
"Ah, laissez-moi, dit-il, me noyer dans l'Euphrate".
Aux portes du verger il tombe à quatre pattes.
Il rampe en grelottant quand Roxane surgit.
Elle baise son front pâle et ses yeux rougis:
"Ah Seigneur, allez-vous m'abandonner si vite?
Me laisser sans défense, enceinte et éconduite?
Faut-il qu'arrive ce que je craignais le plus,
Qu'Alexandre à son tour meure comme Darius?

Allons, réveille-toi, retournons dans la chambre."
Alexandre un instant sent à nouveau ses membres:
"Qu'on me porte en la salle où seront rassemblés
Mes guerriers et mes pairs, répond-il sans trembler.


Jean Restoud Alexandre et son médecin Philippe, 1747, Amiens
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MessageSujet: Re: ROMAN D'ALEXANDRE   Ven 8 Juil - 18:08


Jean-Simon Berthélémy, Alexandre et son médecin Philippe, 1776 Besançon

TESTAMENT D'ALEXANDRE

''Le roi se meurt" chuchote-t-on de par la ville.
On a couché le roi souffreteux, haletant,
Il pense que c'est sur la glace qu'on l'étend:
''Elisez parmi vous, dit-il, un roi habile"
Et puis, à Perdicas, qu'on désigne en pleurant,
Il dit: ''Vous, mon ami, je vous donne la Grèce.
Roxane, mon épouse, attend votre promesse:
Mariez-vous dès demain et tenez votre rang.
Elle est chargée d'enfant, alors, si c'est un mâle,
Laissez-lui mon royaume après votre décès.
La terre de Xerxès sera pour vous assez".
La voix de l'empereur n'est déjà plus qu'un râle.
''Si notre enfant était de sexe féminin,
Sa dot lui suffirait pour vivre centenaire:
Nommez-la Alixès en l'honneur de son père,
A nul autre qu'un prince n'accordez sa main.
Ah barons, maintenant je souffre la torture,
La mort me tient au cœur et je sens sa piqûre.
A vous voir réunis, c'est pitié qui me prend
De ne pouvoir rester parmi vous plus longtemps.
Quand ils m'auront eu, moi, ils chasseront vos têtes:
Contre Tyr et Sidon, tenez vos armées prêtes.
C'est Divinuspater qui m'a assassiné.
Antipater a fui dès qu'il m'a vu tomber.
O Dieu omnipotent, sachez que je regrette
Seulement de ne pas pouvoir me voir vengé.
Vous mes pairs, préservez le fruit de ma conquête.

Le venin du serpent me tourmente plus fort;
Je m'en vais trépasser de misérable mort.
Clin, c'est en ton baillage, aujourd'hui que je verse
La patrie des sept rois, le royaume de Perse.
L'ai-je déjà donnée? Pardon, c'est le poison
Qui, montant au cerveau, obscurcit ma raison.
A toi qui sur les mers porta avec courage
Mon gonfanon, à toi, Emenidus d'Arcage,
Je confie la Nubie; Filote et Licanor
Prendront la Cilicie, Césarée ou Louxor.
Aristé, je t'ai fait roi de l'Inde majeure,
A Bactriane dans ton palais tu demeures.
Antiochus, en Syrie, il t'incombe aujourd'hui
De garder de Gog et Magog l'étroit pertuis.
Lihoine, Antigonuss, qui des deux veut Carthage?
Que la reine Didon perdit par fol amour.
Il était arrivé de Troie cherchant secours,
Elle avait tout offert, mais cet amant volage
Ne laissa que l'épée pour abréger ses jours:
Se tuer par amour, ce n'est point du courage.
Prenez la Barbarie, l'Afrique, prenez Tyr!
Ah, c'est un crève-cœur que de devoir partir.


Miniature d’un manuscrit flamand du Roman d’Alexandre (West Flanders; c. 1325-1335) kb.nl

J'ai fait douze cités réparties sur la terre;
L'une abrite Porus, une autre mon cheval
Comme mes compagnons décédés à la guerre;
Bucéphale, je viens, je te rejoins sans mal...
De ces douze cités faites-vous des retraites.
Dans les monts Orgalas, Granaton, Massagètes,
En Frise ou en Troade, ou bien au confluent
De l'Indus et de l'Acésinès remuant.
Sur tous ces murs dressés, c'est mon nom qu'on décrypte.
Tholomé, tu prendras Alexandrie d'Egypte.
Tu m'es plus cher que tous et c'est mon dernier don:
Tu seras plus que roi, je te fais pharaon.
Cessez donc de pleurer, car j'ai l'âme malade,
Faites taire, mes pairs, vos sourdes jérémiades.
Apportez-moi les couronnes des rois vaincus
En souvenir de ce que nous avons vécu.
Alexandre solennellement vous couronne,
Pourvu qu'à Tholomé, comme je vous l'ordonne,
Vous prêtiez le serment que de vous j'exigeais
Qui vous fait ses vassaux et vous rend ses sujets.
Je le sens à ce coup, ma vie est terminée.
Ah, je ne verrai pas la fin de la journée.
Plus près, Emenidus, Tholomé, Licanor;
J'ai froid, réchauffez-moi tant que je vis encor.
Nous qui avons conquis l'Afrique rugissante,
La Perse, le Levant, jusqu'aux monts italiens,
Ensemble, nous aurions, bien loin du monde ancien,
Etendu notre joug sur l'Europe naissante.
La France renommée, si dure à conquérir
M'aurait ouvert les bras, j'aurais dressé ma tente
En plein cœur de Paris; la ville florissante
Se fût ouverte à moi, c'est sûr, sans coup férir.
Même la Normandie, terre de bonne souche,
Eût rejoint Angleterre, Ecosse, en mon giron,
Et la mer écorchée par nos coups d'aviron
Nous eût livré l'Irlande où le soleil se couche.
Cette France, dont le mérite est sans égal,
Je l'aurais mise à la tête de mon empire,
Car son peuple si bon m'a souvent fait écrire
Qu'il voulait me confier son destin national.
Mais la Fortune nie ce que l'homme désire
Et voici qu'à l'instant tout cela est perdu
Car la mort déloyale me prend par surprise.
Rien ne peut me sauver, pas plus la sauge grise
Que Mandragore éclose au-dessous des pendus.
Seigneur Dieu, je me tourne vers toi, j'agonise,
Ce que tu me prêtais bientôt sera rendu:
Comme à Jacob tends-moi l'échelle du poème,
Mon esprit grimpera le long de ses barreaux,
En ton ciel éternel, loin de ces oripeaux,
Car je quitte à l'instant ce vaisseau sale et blême."


André Joseph Allard Alexandre mourant, Ecole des beaux-arts, Paris

''Alexandre se meurt" entend-on au dehors.
"Non !" répondent les pairs, "Non, Alexandre est mort".
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MessageSujet: Re: ROMAN D'ALEXANDRE   Ven 8 Juil - 18:12


Gustave Moreau, apothéose d’Alexandre le Grand, Musée Moreau, Paris

DEPLORATION

C'était un samedi, le jour tombait à peine,
Qu'Alexandre livra son empire à la peine.
Sur son lit recouvert de pourpre rouge-sang,
Livide et le corps raide, il n'est plus qu'un gisant.
Au dehors, on entend chanter les alouettes,
Fin mai, printemps précaire, en qui l'hiver s'entête.

Les pairs se sont groupés derrière les rideaux
Du lit où la mort l'a allonge sur le dos.
Ils ont vu ses beaux yeux se troubler dans sa face,
Sa bouche se rider en d'horribles crevasses,
Puis ses bras amaigris qu'il n'a plus pu lever
Pour saisir l'âme qui désirait s'envoler.
Alors, de l'intérieur du palais de porphyre
S'élève le grand chœur des soldats de l'empire,
Thrènes et psalmodies de la déploration
Que les voix endeuillées scandent à l'unisson :
''Mort, chétive chose, pauvre rien, misérable!
Nous te redoutons plus que le bruit formidable
Des tambours ennemis. Tu es abominable.
Tu prends notre berger, tu nous fais autonomes.
Tu n'avais pas touché de ta faux pareil homme
Depuis qu'Adam fautif voulut croquer la pomme.
Nous formions un seul corps, nous étions des centaines,
Et voilà que se rompt la principale veine.
Puisque Alexandre est mort, notre quête était vaine.
Fortune, plus rapide que n'est l'hirondelle,
Je crois bien que la mort est votre sœur jumelle,
Qui vient les yeux crevés et vides de prunelles.
Dieu, tu t'es endormi et Satan dans sa fange
Pour conquérir le ciel a rassemblé ses anges.
Sortez de votre affût, puissances sans mélange,
Déchirez-nous le cœur, car la prouesse est morte:
Troupe désemparée, les vents froids nous emportent;
Sur nos exploits passés vient de claquer la porte.
Au-dessus de nos fronts la nue est vaste et noire.
Chevalerie, tu te retires de l'histoire.
Macédoine, voilà où s'achève ta gloire."
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MessageSujet: Re: ROMAN D'ALEXANDRE   Ven 8 Juil - 18:17


Gustave Moreau, apothéose d’Alexandre le Grand, Musée Moreau, Paris (détail)

ALEXANDRIE

Au pied du lit de mort, les barons égarés
Se disputent déjà le droit de l'enterrer.
Chacun, voulant asseoir son pouvoir légitime
Réclame que son fief soit la demeure ultime
Et veut dans sa cité emporter la dépouille.
''En Grèce, lance l'un, "En Perse", "Dans les Pouilles"...
Antiochus excédé dit: "Demandons aux Dieux
Quel lieu pour son repos lui conviendra le mieux."
Au temple, à Jupiter, c'est ce qu'on m'a conté,
Ils vinrent demander avec solennité
Où le roi Alexandre aurait sa sépulture.
La statue de l'autel, secouant sa dorure,
A la stupeur de tous, remua et parla:
"Seigneurs, il ne veut pas que vous le laissiez là,
Ce n'est pas en Grèce qu'il souhaite qu'on l'emporte,
Macédoine ou Babylone peu lui importe,
C'est à Alexandrie d'Egypte qu'il ira,
La grande Alexandrie, ville qu'il adora."

Tholomé dit: "Amis, je le savais d'avance;
Autrefois il me l'avait dit en confidence.
Nous élèverons son tombeau face à la mer.
Ne nous opposons pas aux vœux de Jupiter."
Clin dit: "Couchons-le sur la plus belle litière,
Tirée par dix chevaux; nous, nous irons derrière."
Tous acquiescent déjà, mais Tholomé répond:
"Non, compagnons si chers, ôtez vos éperons,
Veillez à vous chausser avec des souliers larges:
Sur nos épaules, nous emporterons la charge."

La bière est en cyprès, pour son parfum si doux.
On a mis de l'ivoire et de l'or aux deux bouts.
Matelas et coussins complètent cette couche.
Un drap blanc de Sidon monte jusqu'à sa bouche.
Les chevaliers retroussent leurs habits de deuil.
Ils ont laissé roussins et coursiers sur le seuil.
Les pairs, en pénitents font à pied le voyage.
Au septième matin s'achève leur hommage.


Fresque de la casa Veiti, Pompéï (musée de Naples)

Tholomé a fait faire un tombeau pour son roi:
On a incorporé à la fine farine
D'or et d'argent moulus, vert, blanc, bistre et sanguine.
On a proscrit le sable, le grès et le bois.
A la base des statues d'ivoire supportent
Une voute percée de fenêtres s'ouvrant
Avec le clair soleil et le souffle du vent.
On a tendu de peau de serpent chaque porte.
Quand vient le mois de mai, que luit l'astre du jour,
Les rayons chaleureux traversent la peau fine
Et se reflètent sur l'or et les pierres fines:
Il semble qu'un brasier, là-haut, brûle toujours.

En grec, le monument se nomme "Pyramide".
A son faîte, une statue d'or du conquérant
Domine la cité, et ses yeux effarants
Sur la mer agitée jettent des feux limpides.
Ce Dieu resplendissant, c'est Alexandre, mort,
Devenu un géant, qui veille sur ses hommes.
Dans son poing la statue porte une grosse pomme
Et le texte gravé dit au passant: "Il dort,
Mais il veille sur toi, Alexandrie la grande.
La pomme en sa main c'est le monde en raccourci.
Le serpent était dans la pomme et l'a occis.
Ici finit sa vie; ici naît sa légende."

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MessageSujet: Re: ROMAN D'ALEXANDRE   Ven 8 Juil - 18:25


Mosaïque musée de Naples

CONCLUSION

Le livre finit là; c'est la juste mesure.
Alexandre le Grand repose en son tombeau;
Les Grecs s'en sont allés, délaissant leurs drapeaux,
Les oiseaux et les lions figurés en peinture.
Dieu aies pitié de lui, car il fut droit et beau,
Toi, qui sur tout humain répands la nuit obscure.

Là s'achèvent les vers et l'histoire s'éteint
Que contait Alexandre de Bernay vers l'Eure.
Le destin a voulu que trop souvent il pleure,
Et que chaque jour blanc eût de noirs lendemains.


mosaïque de la casa Veiti, Pompéï (musée de Naples)
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MessageSujet: Re: ROMAN D'ALEXANDRE   Ven 8 Juil - 18:27


Statue équestre d’Alexandre à Thessalonique
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MessageSujet: Re: ROMAN D'ALEXANDRE   

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